À l’occasion du Débat d’orientation budgétaire 2017

Retrouvez ici l’allocution d’introduction de Marjolaine Rauze, Maire de Morsang-sur-Orge, lors du Conseil municipal (DOB) du 28 février 2017.



Chers collègues,
Mesdames et messieurs,

Les années budgétaires se suivent et se ressemblent. Je pourrai au mot près en rester à ce que je disais, ici-même, dans la préparation du budget 2016. Car rien n’a changé. Certes devant l’ampleur des protestations, l’exécutif a dû lâcher un peu de mou. Il était initialement prévu pour l’année 2017 une nouvelle ponction de 2 milliards d’euros sur le dos des collectivités territoriales. Finalement, elle ne sera « que » d’un milliard. C’est toujours bon à prendre me dira-t-on. En vérité, ce qui aurait été bon à prendre, c’est une inversion de la courbe. Qu’on redonne aux collectivités locales les moyens de faire face. Pour développer les services publics. Pour répondre aux attentes des habitants. Comme pour répondre à celles de leurs personnels. Mais rien de cela n’est prévu pour 2017. La trajectoire fondamentale reste identique. L’argumentaire de ceux qui prennent les décisions ne varie pas d’un pouce.

Elle consiste à présenter la dépense publique comme un mal à éradiquer. Le seul remède serait de la contracter à l’infini. Autrement dit d’appliquer sans fin la purge de l’austérité. On a beau faire toutes les démonstrations prouvant que ce dogme ne repose sur rien. N’a été concluant en rien. Et n’a servi à rien d’autre qu’à tout aggraver. Rien n’y fait. Les libéraux, c’est même à ça qu’on les reconnaît, vivent enfermés dans leur bulle idéologique. Quiconque s’oppose à leurs présupposés est pris de haut. Chez ces gens-là, on a la morgue chevillé au corps. Ceux qui ne pensent pas selon leur orthodoxie sont forcément des archaïques ou des doux rêveurs. Des « pas réalistes » comme ils disent. Quand on mesure les dégâts sociaux, industriels ou environnementaux causés par le genre de réalisme aujourd’hui à l’½uvre, on reste pantois devant tant de légèreté, d’aveuglement, pour ne pas dire de cynisme.

En plus, certains veulent nous en rajouter. Vous avez entendu comme moi ces compétiteurs à l’élection présidentielle, et pas des moindres, nous promettre une surdose, pour ne pas dire une overdose, d’austérité. Jusqu’à des 100 milliards d’euros de nouvelles amputations et 500 000 emplois publics liquidés ! Et comme on ne se refait pas, MM Fillon et Macron pour ne pas les nommer, prévoient simultanément la fin de l’impôt sur les grosses fortunes, le tout accompagné d’une bonne hausse de la TVA. Voilà ce que les libéraux considèrent comme étant du réalisme. Le bâton des restrictions pour le plus grand nombre, les services publics et les collectivités locales, et pour les puissants toutes sortes d’avantages et de caresses fiscales.

Alors pour la énième fois, répétons-le : par définition, la dépense publique générée par les collectivités locales, comme celle issue des services publics, sont les seules utiles et efficaces à l’échelle de la société. Ce sont les seules qui sont véritablement légitimes, car leur unique fonction est de répondre à des besoins humains et à l’intérêt général. Ce sont les seules dépenses qui, mutualisées, permettent de soigner, de loger, d’éduquer, de transporter, de nourrir, de cultiver, d’équiper. Ce sont les seules qui sont en permanence contrôlées à l’euro près. Et j’ajoute que ce sont les seules à pouvoir servir d’indicateur pour qualifier les politiques publiques. « Dis-moi pour qui et pour quoi tu dépenses et je te dirais la nature de la politique mise en ½uvre. » Car jamais on ne me fera croire que la France, sixième puissance mondiale, souffre de trop dépenser pour le bien commun, l’intérêt humain et l’avenir de la planète. Je dirai même que c’est l’exact opposé : l’économie française est chroniquement malade de ne pas assez le faire. Et nos concitoyens souffrent de ne pas assez bénéficier des retombées de leur travail. Et c’est bien la tare originelle des politiques libérales. Dans leur logique même, elles consistent à inégalement répartir les richesses produites. Car au fond que sont les dépenses publiques, sinon un juste retour des choses, puisqu’elles ne sont qu’une redistribution des fruits du travail et des impôts de nos concitoyens.

Mais la répartition de ces fruits du travail est foncièrement déséquilibrée. Une minorité s’accapare 60 % de son produit. Car pendant qu’on nous bassine avec la nécessité de baisser la dépense publique, les actionnaires du CAC 40 se goinfrent. Ils viennent de se glorifier d’une distribution record de dividendes pour 2016. 56 milliards d’euros ! À titre de comparaison, en 2014, les dividendes distribués n’étaient « que » de 14 milliards. En 2015, ils étaient de 36 milliards. La boucle est ainsi bouclée. 12 milliards en moins sur 3 ans pour les collectivités locales, pour un total, sur la même période, de 106 milliards de dividendes encaissés par les actionnaires. Cherchez l’erreur ! Tant qu’on ne s’attaquera pas à ça, rien de neuf n’émergera. Ce sera l’austérité à perpétuité. Sauf si au printemps prochain, les Français expriment clairement l’exigence d’une autre politique. Car c’est toute une logique qui est repensée. Dépenser utilement et dans l’intérêt général, ça peut aussi rapporter gros. En rentrées fiscales. En cotisations sociales. En relance de l’emploi. En renforcement des services publics. En offre de soins, de logements ou en qualité du système éducatif. Et au final, en amélioration du bien-être humain. Au fond, c’est ce que devrait être la finalité d’une économie qui ne serait pas soumise à la domination de la finance.

En attendant, le résultat est là : toutes les collectivités locales sont dans la nasse des restrictions. Je ne reviens pas sur les éléments concrets contenus dans la note qui en illustrent les conséquences pour Morsang. Alors comment faire ? Doit-on, comme l’ont fait tant de villes, matraquer fiscalement les habitants ? Sans parler du véritable hold-up fiscal décidé par le Conseil départemental de l’Essonne. Faut-il supprimer des prestations ? Liquider des services ? Privatiser ? Baisser les aides à la vie associative, au mouvement sportif, à l’enfance, à la culture ? Vous le savez, et c’est un défi au quotidien, depuis 14 ans nous refusons ces facilités libérales. Elles sont ravageuses et injustes pour les habitants.

Mais dès lors que nous excluons ces hypothèses, équilibrer notre budget devient la quadrature du cercle. D’ici son vote et pour y parvenir sans hausse de la fiscalité, toutes les pistes seront explorées. Nos objectifs pour 2017 sont simples : investir notre disponible dans l’entretien de nos équipements scolaires et sportifs et, dans ce cadre, rechercher toutes les sources de financements. Engager les travaux du nouveau CTM. Sanctuariser les enveloppes consacrées à la petite enfance, à la vie associative et aux solidarités. Poursuivre les mises aux normes pour l’accessibilité des personnes handicapées. Continuer sur notre trajectoire de désendettement. Amplifier tout ce que nous entreprenons pour favoriser les initiatives renforçant les liens sociaux, les solidarités et la fraternité. Et cette dernière approche, éminemment transversale, est pour moi essentielle, alors que toutes sortes de haines, de replis identitaires et de stigmatisations, gangrènent notre société.

Tels sont les quelques éléments d’appréciation dont je souhaitais vous faire part pour alimenter nos débats.



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