8 mars : discours de Marjolaine Rauze

Retrouvez ci-dessous le discours de Marjolaine Rauze, maire de morsang, lors de la Journée internationale pour les Droits des Femmes.




Mesdames,

Bienvenues à vous toutes. Et bienvenus à vous aussi, messieurs. C’est pour moi un immense plaisir de vous accueillir en ce 8 Mars. Bien sûr cette journée a un caractère symbolique. Celui du long combat pour l’égalité, la dignité et l’émancipation des femmes. Chez nous, comme partout ailleurs, contre vents et marrées et depuis des siècles, toutes les générations de femmes ont emprunté ce chemin. Et tant que cette égalité ne sera pas strictement une réalité, en droit, comme dans les faits, se battre pour elle restera d’une brûlante actualité.

Pourtant naître femme ou homme devrait être vécu comme une banalité. Comme un simple fruit du hasard. Mais voilà, dans le monde tel qu’il est, le hasard, en l’occurrence, fait mal les choses. Car être née femme reste encore, pour une majorité d’entre nous, une sorte de chemin de croix. Il n’y a que ceux qui sont en dehors de la vraie vie qui font semblant de ne pas s’en apercevoir. Vous savez ceux qui disent que le féminisme est un combat dépassé. Sauf dans quelques pays arriérés. Pays arriérés ? Mais regardez aujourd’hui. Qui est à la tête du plus puissant État du monde ? Sinon, la caricature même du sexisme et de la grossièreté anti-femme, M Trump. Celui qui a dit, je cite, « une femme n’est bonne que prise par le vagin ». Celui qui prétend, que ce sont les femmes qui auraient tous les pouvoirs. Que, sous leur pression, les hommes se féminiseraient et auraient perdu, rien de moins, que leur sacro-sainte virilité. Ça c’est du Trump dans le texte. Mais on a les mêmes chez nous. Les mêmes rétrécis du cerveau. Ceux, et même parfois celles, qui veulent rendre ringard le combat pour l’émancipation et l’égalité, partout et pour tous.

Ringard le combat féministe pour l’égalité ?! Qu’ils aillent dire ça à toutes ces femmes qui, bardées de diplômes, gagnent pourtant toujours 23 % de moins que les hommes. A celles qui triment aux caisses des super-marchés, dans les centraux téléphoniques, dans les hôpitaux ou les maisons de retraite. Qu’ils aillent dire ça aux 3 millions de chômeuses, à celles qui, très majoritairement, sont confrontées à toutes les formes des précarités au travail. A celles qui se tapent des doubles et triples journées. Qui jonglent entre boulot, transport, enfant, courses, ménage et cuisine.

A celles qui, faisant le choix d’une IVG, se sentent humiliées et culpabilisées. Surtout en ce moment, où des forces rétrogrades, comme le FN, les ultras de la droite et les clergés de toutes les religions, font feu de tout bois pour contester cette liberté. Comme sa prise en charge à 100 % par la sécurité sociale. Qu’ils aillent dire aux dizaines de milliers de femmes battues, violentées et tuées, que la domination masculine et ses violences sont une vue de l’esprit. Qu’ils aillent dire à ces femmes qui se font dénuder du regard, siffler comme des chiennes dans les rues, ou serrées dans les transports, que tout ça, ce n’est pas bien méchant. Que c’est juste de la gaudriole. Gaudriole, mon ½il ! C’est surtout l’expression la plus abrupte de tous ces préjugés patriarcaux qui les cantonnent au statut de mère et au rôle de « femmes d’intérieur ».

Car, comment ignorer que la traite des femmes et la prostitution sont la troisième source de trafic mondial, après celui des armes et de la drogue. Si le corps des femmes peut être ainsi ravalé au rang de chair à plaisir et à profit, c’est bien que des millions d’hommes et tout un système de représentation mentale, considèrent que tout ça, somme toute est « naturel » et dans l’ordre des choses.

Alors non et non ! Le seul ordre normal des choses devrait être celui de l’égalité. Et l’exigence d’égalité pour les femmes n’est pas une lubie de soixante huitard attardés. Les discriminations subies par les femmes condensent, au contraire, toutes les inégalités présentes dans notre société. Elles prennent des formes symboliques dès le plus jeune âge en distillant les clichés sexistes. Elles prennent aussi, et ne l’oublions surtout pas, la forme des dominations sociales ou économiques. Car sur-exploitées et discriminées, les femmes sont une variable d’ajustement dans l’impitoyable course à la productivité et à la concurrence, à laquelle conduit le système libéral.

Et ceux qui roulent pour ce système, sont les mêmes qui nous expliquent qu’en France il y a trop de dépenses publiques. Et constatez-le, les coupes budgétaires qui sont décidées, est-ce un hasard ?, impactent directement la vie de millions de femmes. En particulier parce que ces restrictions touchent directement des services publics comme la CAF, la Poste, Pôle emploi, les équipements pour la petite enfance, les Centres PMI, du planning familial ou les maternités publiques. Et à ce propos vous savez qu’en ce moment il y a une grande mobilisation pour empêcher la destruction des hôpitaux de Longjumeau, Juvisy et Orsay. Au passage, ce sont 500 lits et 900 agents qui seraient sacrifiés. Ces hôpitaux de proximité, nous en avons besoin justement parce qu’ils sont proches de nos lieux de vie. Ce serait complètement absurde d’être obligé d’aller jusqu’à Saclay en cas de nécessité. Et pourtant rien n’y fait. Les obsessionnels de la baisse de la dépense publique, ne veulent rien savoir. C’est pourquoi, il faut qu’ils entendent le refus des Morsaintois. Raison pour laquelle nous organisons un débat le Vendredi 17 Mars à 19 h, juste à côté, salle des mariages. Il se tiendra en présence du Professeur Grimaldi, initiateur de l’appel « sauvons l’hôpital public », et Christophe Prud’homme, chargé de la coordination nationale des médecins urgentistes. Venez-y très nombreuses et faites-y venir du monde.

Et en ce 8 Mars, pensons aussi à toutes ses femmes, nos s½urs en dignité, qui ailleurs dans le monde, se battent dans des conditions autrement plus difficiles que les nôtres. Je pense à ces magnifiques femmes Kurdes qui étaient nos invitées l’an dernier et qui, les armes à la main, combattent les fanatiques de l’état islamique. Je pense a ces femmes martyres de Syrie, d’Irak, de Libye, ou d’Afghanistan confrontées aux atrocités de la guerre. Je pense à ces 3000 femmes qui fuyant ces situations se sont noyées en Méditerranées, dans l’indifférence générale. A celles de Somalie au prise à une terrible famine qui a déjà tué 25 000 enfants. Je pense aux femmes de Pologne, de Hongrie ou d’Irlande qui se voient toujours refuser le droit à l’IVG. Et je pourrai ainsi continuer longtemps mon énumération. Elle nous rappelle que le 8 Mars, c’est aussi l’occasion d’exprimer notre solidarité pour toutes les femmes du monde maltraitées et humiliées.

Tels sont mesdames, quelques unes des raisons démontrant que, loin de s’estomper, l’égalité pour tous, ici comme partout ailleurs, reste un combat absolument indispensable. Le combat pour l’égalité homme-femme est foncièrement émancipateur pour tous et pour toute la société. Il n’est donc pas un combat tourné contre les hommes. Ce n’est pas une lutte des sexes. C’est celui pour la dignité et la fraternité universelle. Et ce combat concerne donc aussi les hommes. Et heureusement ils ne manquent ceux qui ont bien compris et depuis longtemps, que ce combat était aussi le leur. Et dans quelques instants vous constaterez avec le spectacle « sous la peau des filles » comment des poètes hommes ont su merveilleusement le traduire en musique et en chanson.

Alors en conclusion, que nous souhaiter ? Sinon que nous n’ayons plus à célébrer cette journée du 8 Mars. Ce serait le seul dénouement heureux. Il démontrerait que nous avons gagné. Mais on y est pas encore. Alors mesdames et messieurs on continue. Vivement l’égalité et la fraternité pour toutes et pour tous.



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