Un peu d’histoire

Le château, le passé agricole, les carrières, l’urbanisation progressive... petit voyage dans l’histoire de Morsang-sur-Orge.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Morsang :



Morsang... avant Morsang
Du paléolithique supérieur (35 000 - 12 000 av. J.C.) à l’âge de Bronze (env. 3 500 - 1 800 av. J.C.) la vie économique des populations évolue du nomadisme à la sédentarisation avec le développement de l’élevage et de l’agriculture dans les vallées, lieux abrités où les conditions climatiques sont moins rudes.

D’après M. BINANT, instituteur à Morsang-sur-Orge et auteur d’une monographie rédigée en 1899 : "L’origine [de la commune de Morsang] est probablement fort ancienne. (...) au cours de fouilles faites sur divers points du territoire pour l’extraction de la pierre meulière au XIXè siècle, de nombreux objets, armes et ustensiles divers de l’âge de la Pierre ont été trouvés et reccueills. Un collectionneur, M. FROVILLE, instituteur, en avait formé avec divers objets analogues de la région, un beau musée annexé à l’école des garçons d’Epinay-sur-Orge."

En 1900, les carriers étaient près de 200 à Morsang-sur-Orge, la plupart italiens ou autrichiens. Les carrières de meulières étaient exploitées sur Morsang, Fleury, Grigny, Viry-Chatillon. La pierre meulière, servait à construire les maisons, et de grands ouvrages comme l’acqueduc de la Vanne, le métro. Elle était en grande partie exportée vers Paris, par le port de Viry-Chatillon, sur des péniches tirées dans les premiers temps, par des chevaux.

Du temps des Gaulois, le territoire se trouvait assez éloigné des deux grandes voies existantes qui reliaient à l’ouest Lutèce, Chatre (ancien nom d’Arpajon), Etampes, Orléans et à l’est Lutèce, Limeuil, Lieusaint, Melun, Sens. L’actuel tracé de la Nationale 7 n’était pas une voie romaine.

Autrefois, la région s’appellait le HUREPOIX. En fait, le HUREPOIX n’a jamais été une province, une seigneurie ou une circonscription administrative ou religieuse. On ne trouve donc pas de définition de ce nom dans un document officiel. On sait cependant que cette appellation est ancienne et les topographes, reprenant cette tradition, la font figurer sur leurs cartes depuis le XVIè siècle. Le nom de HUREPOIX est toujours utilisé par le géographes pour qui le "Plateau de Hurepoix" correspond grossièrement au département de l’Essonne.

Depuis le Traité de partage de Verdun (843) la France est aux mains de ducs, de comtes et de centaines de petits féodaux. Hugues Capet, dont le règne débute en 987, n’a en fait de véritable autorité que sur un petit domaine au nord et au sud de Paris : le Hurepoix actuel (donc Morsang) y est inclus.

Un mesnil appelé Murcent
Comme la géographie, l’histoire d’une commune contribue à forger son paysage. L’environnement est aussi l’addition des données naturelles et des ambiances créées au fil des temps par l’appropriation par les hommes de leur territoire.

La mention en 1159 du nom de Murcent (en bas latin « murcinctus » signifiant « ceint de murs ») fait référence à la morphologie originelle du hameau, offert en 980 à l’abbaye de Saint-Magloire de Paris par Hugues Capet. L’orthographe va évoluer au cours des siècles et suivant la fantaisie des rédacteurs : Murcent, Murcenc, Mourcen, Morsan... le "g" final, dérivé du "c", n’apparaît que très tardivement.

Marqué dans un premier temps par l’activité monastique, le domaine de Morsang-sur-Orge, cédé en 1564 au seigneur de la Raguenière, comprenait un manoir édifié à l’emplacement de l’actuel château. De cette activité monastique, demeurent aujourd’hui une bâtisse du XVIè siècle (située à l’angle des rues Marceau et Jean Raynal) et une chapelle dédiée à Saint-Jean, localisée sur l’ancien oratoire, annexe de Sainte-Geneviève.

Au XVIIIè siècle, le Plan d’intendance révèle trois sites d’implantation des habitations. L’un situé le long des limites du parc du Château (rue Marceau) ; l’autre entre la place des Trois-Martyrs et la rue Paillard ; et un troisième groupé le long de la Rue de la Ferme. Ces habitations n’étaient reliées que par deux rues (les actuelles rue Paillard et rue de la Ferme). A la fin du XVIIIè siècle, la rue Jean Raynal est tracée jusqu’à la route de Corbeil. L’organisation du bourg est fortement liée à l’activité agricole (vignoble) localisée sur les coteaux et aux limites de la forêt.

Le XIXè siècle voit l’édification des premières maisons bourgeoises, le long des rues Paillard, Marceau et de la Ferme. Le village s’organise progressivement en une structure linéaire continue propre aux villages d’Ile-de-France et accueille, en milieu de siècle, deux écoles. La forêt occupe encore toute la partie sud de la commune.

A partir du début du XXè siècle, cette forêt est découpée en lotissements pavillonnaires. La première vague date des années 1899-1901, la seconde de 1920-1939. Les voies d’accès conservent les lais forestiers et des arbres subsistent partiellement dans les jardins. La fonction résidentielle de Morsang-sur-Orge s’affermit ; la population augmente. Celle-ci passe de 937 habitants en 1906 à 3600 habitants en 1946.

Le Château de Morsang
En 1655, il est fait mention dans la Topographie Française d’une "Maison platte de Morsang". Il semble s’agir d’une première construction qui aurait été érigée entre 1564 et 1583.

L’actuel château de Morsang-sur-Orge a été construit à partir de 1740 par Pierre Durey d’Harnoncourt qui était un des plus riches fermiers généraux. Il avait acheté la seigneurie de Morsang-sur-Orge en 1739, avant celles de Villemoisson et de Sainte-Geneviève-des-Bois en 1743.

Henri Soulange Bodin écrit dans l’Illustration n°4849 du 8 février 1936 que "la femme de Pierre Durey d’Harnoncourt fit construire les pavillons d’entrée avec leur toits à la Mansard, le grand escalier et le perron donnant sur le parc. C’est à elle que nous devons les magnifiques boiseries du salon, de la salle à manger, de la bibliothèque et des chambres aux lits à baldaquin qui ont encore conservé aujourd’hui toute la grâce de leur style Louis XV."



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